Reflexions

Tous victimes et coupables de non-écoute, au quotidien?

Les êtres humains sont des animaux très sociables qui aiment se rassembler régulièrement dans un lieu confiné, pour un temps parfois indéterminé, devant un PowerPoint et des gobelets de café, pour monologuer ensemble… On appelle ça une « réunion » !

Nous sommes nombreux à nous plaindre du temps passé en réunions, de leur inefficacité, voire de leur inutilité. Outre la préparation, le cadrage et l’animation, l’attitude adoptée par chacun des participants y est pour beaucoup, et en premier lieu la capacité d’écoute.

Regardons comment se passent les choses…
Si vous participez à une réunion, peut-être aurez-vous l’audace d’avancer une idée…
Que risque-t-il de se produire alors ?

D’abord, entre en scène un premier spécimen : l’Arrogant ! En position de juge, il vous prend de haut, fait des jugements à l’emporte-pièce : « vous n’avez rien compris », « ça n’est pas ça le problème ! », « vous vous trompez ! », « on a toujours fait comme ça et c’est pas aujourd’hui que ça va changer ! » … Et lorsqu’il doit reconnaître qu’une idée a une part de justesse, il excelle alors dans l’art subtil du compliment : « tiens, c’est pas con ! », « c’est pas faux », « ça n’est pas forcément une mauvaise idée » … Du haut de son podium, il distribue les bons et mauvais points ; c’est l’Ecole des Fans !

A ses côtés, se tient le Dominateur ! Pour lui, la vie est un combat, un bras de fer avec un vainqueur et un vaincu… et il ne veut surtout pas être du côté des vaincus ! Il excelle dans les jeux de pouvoir en prenant systématiquement le contre-pied. Vous le reconnaissez facilement, il commence toutes ses phrases par « NON ». Sa stratégie clé : tu as tort, donc j’ai raison. Même lorsqu’il tombe d’accord, il continue à dire Non : « non, je suis d’accord avec toi », « non, c’est une bonne idée ». L’opposition, chez lui, est une posture, un principe. Si vous en avez assez de lutter, changez de pied, il en changera lui aussi et mettra alors autant d’énergie à soutenir votre idée qu’il en a mis à la combattre !

Aux Olympiades de l’Ecoute, concourt aussi l’Impatient : incapable de se caler sur le rythme de l’autre, il coupe la parole, finit vos phrases, et vous décoche toutes les deux minutes un « bref », « et alors », « venons-en au fait », « où veux-tu en venir ». Il voudrait n’avoir que les conclusions en faisant l’économie des raisonnements ! L’efficience est pour lui une religion, pas de temps à perdre ! Ah, si seulement tout le monde était aussi vif que lui qui va plus vite que la musique ! Le Lucky Lucke de l’écoute a les nerfs de Joe et prend tout le monde pour Averell !

Mais, vous n’avez pas encore rencontré l’Egocentrique. Il ramène tout à lui ! Il utilise pas moins de cinq indicateurs d’ego par phrases : « alors, pour moije vais vous dire, d’après mon expérience, je pense, moi, que… » Le Moi-Soleil éblouie ses interlocuteurs de sa superbe, et il se hisse sur chaque argument qu’il avance pour s’élever et rayonner davantage. Si vous en avez plusieurs dans une réunion, ou une discussion, les arguments les meilleurs seront vite emportés au tout-à-l’ego.

Attention, entre en scène le Zappeur ! Quand il n’est pas plongé dans son ordinateur, il fait encore autre chose, discute avec son voisin ou répond au téléphone (« mais, non tu ne me déranges pas, tu penses, je suis en réunion ! »). S’il vous écoute deux minutes, c’est pour mieux vous faire digresser : « ça me fait penser que… », « Ah, au fait, je ne vous ai pas dit… ». Il fonctionne par hyperliens et, cliquant sur vos idées, vous fait parcourir tous les méandres de la toile de ses pensées.

A côté de lui, impassible… le Sphinx ! Poker-face ! On ne sait pas s’il est là, ce qu’il pense, il ne dit rien, ne montre rien… On dirait l’espionne Cartapus, jouée par Chantal Lauby, dans Astérix et Cléopâtre : « quand je regarde comme ça on me voit… on me voit plus… on me voit… on me voit plus… on me voit plus… on me voit… ». Enfermé dans sa tour d’ivoire, il est inaccessible… Que penser ? Que faire ? L’absence totale de feedback de sa part vous pétrifiera sur place !

Enfin, il y en a un, au moins, qui vous écoute, et très attentivement : c’est l’Avocat du Diable ! Toujours aux aguets pour chercher la petite bête et vous décocher son implacable « oui, mais… ». Le « Oui, mais » : indicateur absolu d’écoute ! « Oui, c’est intéressant ton idée, mais t’es gentil reprends-la parce que tu n’as pas pris ça en compte… ! », « Oui, mais, as-tu seulement pensé à l’éventualité où… ? », « oui, mais qu’est-ce qui se passe si… ? ». Tel ce cardinal, nommé « Avocat du Diable » dans un procès de canonisation, qui doit chercher à tout prix si la personne à béatifier n’est pas en fait un affreux patachon, il a une lecture strictement négative, cherche constamment la faille, imagine tous les scénarios du pire, avec un sens critique extrêmement aiguisé qui réduira vos idées en pièce si elles n’ont pas la solidité de l’or ou de l’acier.

Le Snipper achèvera le travail. En embuscade, il guette l’occasion d’un bon mot ! C’est un orfèvre du trait d’esprit, finement ciselé, subtilement dosé ; les poinçons de son ironie marqueront vos idées du cachet du ridicule. Les coups de son humour, pas toujours bien intentionné, brisent le sérieux d’un argument, étouffent l’étincelle d’une suggestion, dégonflent les idées les plus créatives. Les ravages du dénigrement sont immenses ; il pousse chacun à se retrancher sur des positions confortables et protégées.

Si après avoir subi les assauts successifs de tous ces Champions du monde de l’Ecoute, vous avez encore envie d’exprimer une idée ou de défendre un argument, c’est qu’il faut probablement rajouter encore une chaise autour de la table pour un dernier spécimen : le Masochiste !

Après cette visite du bestiaire des non-écoutant*, peut-être participerons-nous différemment à notre prochaine réunion ? S’il nous plait de chercher à débusquer ces spécimens, méfions-nous encore ! il se pourrait qu’ils soient tous assis sur la même chaise, et que ce soit… la nôtre ?!

Alors ! Et si nous décidions de faire de l’écoute une priorité, dès aujourd’hui ?

Si l’écoute est d’abord une attitude intérieure, elle est aussi et surtout une pratique. Elle implique de l’engagement (vouloir écouter), de la patience (prendre le temps d’écouter), de la curiosité (s’ouvrir à la différence). Autant d’attitude pour rendre nos moments d’échanges et de réunions agréables, productifs et efficients.

* D’après une idée originale d’ Yves BLANC, auteur du Manager à l’Ecoute

Etes-vous techno-addict?

Sur chacun des 7 critères ci-dessous, évaluez votre situation, en notant un score de 0 à 5 selon que vous vous sentez concerné ou non par le sujet.

RESULTATS

De 0 à 10 – Aucun risque de techno addiction avec vous.

De 11 à 20 – Vous n’êtes pas addict, mais vous auriez intérêt à procéder à de petits réglages dans votre utilisation des outils numériques. Une meilleure utilisation des outils et de leurs fonctionnalités pourrait parfois vous aider.

De 20 à 27 – Vous êtes techno addict… mais vous êtes encore capable de reprendre la maîtrise de l’outil. C’est le moment pour vous de réfléchir à votre utilisation des outils numériques, de vous canaliser et de vous donner des « sas de déconnexion ». Il ne s’agit évidemment pas de renoncer au numérique, mais d’être « mieux connecté ». Si vous ne réagissez pas maintenant, vous risquez de développer une addiction sévère, avec des conséquences possibles sur votre équilibre.

De 28 à 35 – Attention, vous avez probablement une addiction bien ancrée qui vous amène à utiliser les outils numériques d’une façon contreproductive et nocive pour vous, votre santé, votre vie sociale et votre équilibre psychologique et émotionnel. C’est le moment de prendre un temps de recul sur le sujet. Et si vous en parliez avec un spécialiste des addictions ?

Maîtriser l’impact du Numérique en entreprise

Le tournant est pris ! La digitalisation nous ouvre des opportunités formidables. D’après une enquête de l’ESSEC (Chaire Immobilier et Développement Durable, enquête réalisée en ligne en 2015 auprès de 1000 personnes), près de 80% des étudiants (<25 ans) considèrent à la fois que le numérique va profondément métamorphoser le monde du travail… et que le numérique est trop présent et envahissant aujourd’hui autour d’eux. Il s’agit donc d’en maîtriser les écueils.

Solutions organisationnelles

Voici une sélection des solutions les plus communément mises en place par les entreprises :

Solutions individuelles

Parmi les nombreux travaux menés sur le sujet, l’approche optimiste et lucide de la psychologue et journaliste Maria Konnikova ouvre de nouvelles perspectives.

Elle a par exemple collecté l’ensemble des études réalisées sur l’impact des réseaux sociaux sur notre sentiment d’épanouissement personnel, et relève les contradictions entre ces différentes études. Selon certaines enquêtes l’utilisation des réseaux sociaux augmente le sentiment de solitude, selon d’autres, les réseaux sociaux renforcent la confiance en soi et l’engagement.

Pourquoi un tel contraste ? Peut-être parce qu’il y a plusieurs façons d’utiliser les réseaux sociaux, comme tous les outils digitaux : une utilisation qu’elle qualifie de « consommation passive » et une utilisation « d’engagement actif ». Ses recherches nous font penser que toute la différence tient au fait d’être acteur de l’outil et de garder notre capacité à nous autoréguler (donc à déconnecter). Comment pouvons-nous dès lors agir ?

 

Impact du Numérique dans les organisations

Le développement non-maîtrisé du Numérique dans les organisations a un impact à plusieurs niveaux:

  • au niveau individuel => impacte la motivation et la santé au travail
  • au niveau organisationnel => nuit à la performance collective
  • au niveau social => génère de nouvelles pathologies

Voici les 3 dangers les plus fréquents, recensés dans notre enquête sur « L’Impact des nouvelles technologies sur le Stress »:

  • la déresponsabilisation
  • la techno-addiction
  • le délitement social

Management des Experts, arrêtez le massacre!

Mathieu Maurice, DG du CEPIG, partage avec nous le fruit de sa réflexion et de son travail avec des Experts techniques dans des environnements variés: des pistes intéressantes pour valoriser cette filière si riche de potentialités mais pas toujours animée comme il faudrait pour permettre aux experts d’apporter toute leur contribution. A lire absolument si vous êtes Experts, et surtout Manager et RH d’Experts!

https://www.topformation.fr/guide/articles/expert-technique-management-animation-12367

Burnout: les coachings de « reconstruction »

Notre expérience de l’accompagnement des collaborateurs ayant vécu des situations professionnelles difficiles (traumatisme, burnout, stress intense…) nous a amené à identifier 4 dimensions clés de leur reconstruction, complémentaires de tout autre accompagnement (parfois médical) nécessaire :

Le Burnout en questions

BurnoutBurnout: de quoi parle-t-on?

Le burnout est-il en passe de devenir le nouveau mal du siècle ? Selon le cabinet Technologia, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux, en 2012, le syndrome d’épuisement professionnel touchait 12,6% de la population active. Derrière ces estimations qu’en est-il vraiment ? Quelle est l’ampleur du phénomène ? Patrick Légeron, psychiatre spécialisé sur le sujet, constate le développement du burnout, mais déclare son ignorance en l’absence de statistiques totalement fiables.

Problème de définition

Le premier problème qui se pose lorsqu’on parle de burnout est celui de sa définition. Le syndrome n’est actuellement inscrit dans aucune classification médicale. 3 définitions coexistent aujourd’hui :

La première définition est la plus ancienne. Le terme burnout est né dans les professions de santé pour décrire l’épuisement lié à la confrontation répétée et/ou intense à l’échec. Il s’accompagne d’une fatigue chronique liée à l’investissement intense dans une cause qui échoue à produire les résultats ou récompenses attendues. Le syndrome était apparu chez les médecins et infirmiers confrontés quotidiennement aux limites de leur pouvoir et à la mort de leurs patients. Cela fait du burnout une maladie du don de soi, qui touche en priorité les personnes les plus investies et engagées dans leur travail.

La seconde définition est celle de l’OMS : le burnout désigne une fatigue intense, une perte de contrôle et une incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail.

Enfin, dans son ouvrage Burnout. Le syndrome d’épuisement professionnel C. Maslach propose de le définir par 3 éléments : 1) un épuisement physique et mental. 2) Une atteinte émotionnelle qui se traduit d’abord par une hypersensibilité, puis par un détachement (dépersonnalisation). 3) Vient enfin un sentiment d’inaptitude, ainsi qu’une perte de motivation et de performance.

Les causes

Les origines de l’épuisement professionnel sont multiples : sentiment d’échec, charge de travail, saturation psychologique et émotionnelle, ambiance de travail délétère, manque de reconnaissance, perte de sens… Il est rare d’être face à une cause unique. Le cocktail le plus fréquent tient à la conjonction de 3 facteurs : 1) le surinvestissement sans ressourcement, 2) dans un environnement excessivement contraint, 3) et dans une ambiance de travail dégradée.

Une réelle souffrance

L’un des dangers serait de voir aujourd’hui des burnouts partout. Etre stressé dans son travail n’est pas le signe que l’on basculera vers une détresse plus sévère. L’organisme a des ressources pour faire face au stress ponctuel. C’est quand le stress devient chronique qu’il devient problématique et empêche le corps de récupérer. C’est alors que l’épuisement peut apparaître.

Aujourd’hui, le terme burnout sert à mettre des mots sur des situations de souffrances. Si le mot est parfois utilisé de façon inexacte, il n’en demeure pas moins un signe des temps et nous fait prendre conscience que la souffrance au travail est une question d’actualité.

Stress et nouvelles technologies

Dans le cadre de ses activités de R&D, le CEPIG a créé en 2013 une cellule d’observation des NTIC au travail. Pilotée par une équipe de 3 consultants, elle vise 2 objectifs.

  • Un objectif de recherche : mesurer l’impact des nouvelles technologies sur la santé et l’engagement au travail.
  • Un objectif de développement de nos offres de formation et de coaching.

Nous nous sommes appuyés pour cela sur 3 actions clés :

  1. une enquête renseignée par 500 cadres de grandes entreprises (principalement industrielles),
  2. une cellule de veille menée par chacun des 3 consultants,
  3. un travail de veille et compilation des données mené par Vivian Barbosa, étudiant en psychologie à l’Université de Grenoble.

Découvrez les chiffres clés de cette étude dans cette infographie, et demandez-nous les résultats de l’enquête complète.

Stress & NTIC

Comment tirer parti de ses excès

Trop prudent, trop expansif ou au contraire trop réservé ? Certains traits de caractère ont de quoi déconcerter. Quelle attitude adopter pour rectifier le tir ? Mathieu Maurice décrypte pour L’Express/L’Entreprise comment gérer ces excès.

« C’est souvent dans le « trop » que les leaders ont trouvé leur étincelle et leur élan, gagnant ainsi leur autorité naturelle. Car derrière des gros défauts il y a un potentiel, des ressources dormantes. A conditions de savoir apprivoiser et exploiter ceux-ci en leur donnant du sens, car tout excès a son « côté lumière », en divulguant à l’équipe son mode d’emploi de « chef outrancier », ce qui l’aidera à mieux se situer. Mais surtout en compensant régulièrement ces excès sans vouloir les comprimer… »

Comment tirer parti de ses excès – L'Express L'Entreprise.